La philanthropie selon le milliardaire Georges Soros :

Une enquête de « Valeurs Actuelles » met en lumière les manipulations du milliardaire hongrois (fortune personnelle estimée à 8,3 milliards de dollars en 2020).  Ce n’est pas la première fois que ce journal dévoile les plans machiavéliques de cet homme qui est passé maître dans l’art de désordonner le monde sous couvert d’altruisme.  L’idéologie de ce milliardaire est de mettre fin aux nations et d’imposer à l’occident son idéal de société ouverte et sans frontière chère au philosophe Karl Popper dont il fut le disciple. Sa fondation Open Society Foundations (OSF) et sa myriade d’ONG ont infiltré la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) au point d’obliger l’Autriche, la Grèce et l’Italie à légaliser les unions homosexuelles, de contraindre la Pologne à favoriser le droit à l’avortement, de pousser la France à autoriser le changement de sexe “sur le papier”, d’obliger la Hongrie d’abolir la prison à vie, de sanctionner la Russie pour avoir condamné les activistes féministes punks des Pussy Riot, d’obliger l’Autriche à légaliser l’adoption d’enfants par les couples homosexuels et de valider l’application de la charia en Grèce.

A chaque fois, une ONG liée au réseau de l’Open Society Foundations (OSF) est impliquée dans l’affaire et l’un des magistrats qui prononcent le jugement est un ancien collaborateur de l’OSF ou de ses affiliées.

De nombreuses ONG évoluent à la CEDH, parmi elles, le European Centre for Law and Justice (ECLJ) participe depuis plus de vingt ans au jeu d’influence et de lobbying qui se noue auprès des magistrats. Son directeur, Grégor Puppinck, intervient à la Cour dans de nombreuses affaires.

Les « Juges Soros »

Un jour, il entend l’un des magistrats évoquer l’existence à la Cour de « juges Soros » mais aussi des francs-maçons ou des catholiques. Cela fait partie de la représentativité du système et des jeux d’influence habituels dans toute institution. On lui indique le cas du Hongrois András Sajó : L’universitaire est l’un des fondateurs de l’université d’Europe centrale de George Soros. Lié à l’OSF depuis 1988, il a siégé notamment au conseil d’administration de l’Open Society Justice Initiative de New York, de 2001 à 2007. C’est au cours de ces années qu’il joue un rôle déterminant dans l’« affaire des crucifix ». Souvenez-vous, cette mère de famille italienne qui saisit la CEDH pour contester la présence de crucifix dans les écoles publiques de la péninsule. Trois ans plus tard, Sajó siège dans la chambre qui condamne l’Italie, considérant que « l’exposition obligatoire d’un symbole d’une confession donnée dans l’exercice de la fonction publique […] restreint le droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions ». Les crucifix doivent disparaître. Le gouvernement italien confie alors à Grégor Puppinck la direction de la stratégie pour obtenir le renvoi en grande chambre. Cette dernière, où András Sajó ne siège pas, renverse en 2011 le jugement et donne raison à l’Italie contre la plaignante.

L’attention de Grégor Puppinck est toutefois attirée, au fil des années, par la recrudescence de jurisprudences plus idéologiques qu’auparavant. La Cour, qui avait l’habitude de rendre des jugements sur le terrain de la justice, se prononce désormais de plus en plus souvent sur ceux de « la tolérance et l’esprit d’ouverture, sans lesquels il n’est pas de “société démocratique” », et se fait un devoir de « garantir les conditions du “vivre ensemble” en tant qu’élément de la “protection des droits et libertés d’autrui”. » Ses décisions appuient systématiquement l’idée que « la diversité et le multiculturalisme sont et doivent rester des valeurs européennes essentielles ». L’idéologie de l’Open Society Foundations est de plus en plus visible.

Grégor Puppinck décide d’analyser l’histoire et la jurisprudence de la Cour sur ces points, pour en exposer les ressorts idéologiques : cela donne naissance au livre Les Droits de l’homme dénaturé (Les Éditions du Cerf).

Etant docteur en droit, il entreprend alors un premier travail de fourmi : passer au crible les curriculum vitæ des 100 juges ayant siégé depuis 2009 pour identifier leurs liens avec les ONG actives auprès de la CEDH. Il épluche méticuleusement toutes les données publiques mises à disposition par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Six mois de recherche méthodique plus tard, il en tire une enquête fouillée appuyée par près de 200 pages d’annexes. Son travail dévoile un système qui a permis au réseau d’ONG de George Soros d’étendre son influence sur la Cour européenne des droits de l’homme et de la convertir progressivement à son idéologie.

Georges Soros aime à se présenter comme « un chef d’État sans État ». En effet, les 47 pays signataires de la Convention européenne des droits de l’homme sont dans l’obligation de mettre leurs législations nationales en conformité avec la jurisprudence établie par la Cour. Pourquoi donc tenter d’influencer 47 États différents quand on peut directement leur dicter ce qu’ils doivent faire par l’intermédiaire d’une juridiction supranationale ?

Comment influencer la Cour Européenne des Droits de l’Homme ?

Chacun des 47 pays signataires de la Convention européenne des droits de l’homme compte un juge membre de la Cour. Lorsqu’un siège est à repourvoir, le gouvernement en soumet une liste de trois candidats (pas nécessairement magistrats professionnels) à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qui en élit un, pour un mandat de neuf ans non renouvelable, et contrairement à ce que l’on pourrait naïvement penser, les juges européens sont sélectionnés selon des critères principalement politiques, ils sont élus par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, elle-même éminemment politique.

Les personnalités proposées à l’APCE sont souvent issues d’organisations non gouvernementales (ONG). A l’époque du rideau de fer, la Cour fut pensée en opposition au pouvoir des États : chaque citoyen victime d’une oppression dans son pays peut présenter son cas à l’institution et espérer qu’elle lui donne raison contre son pays d’origine. Les ONG jouent donc naturellement un rôle central dans ce dispositif, car elles sont censées être indépendantes des gouvernements.

Avoir des juges issus d’ONG ne devrait pas être gênant à condition que certaines ONG ne soient pas surreprésentées, ce qui n’est malheureusement pas le cas. Bien souvent, les requêtes sont déposées au nom d’un particulier par une ONG. Celle-ci peut également intervenir au cours de procès dans lesquels elle n’est pas requérante, par l’intermédiaire de la “tierce-intervention”, procédé qui permet de soumettre aux juges des éléments d’appréciation dans une affaire.

Dans certains pays d’Europe de l’Est les juristes d’ONG expérimentés en matière de droits de l’homme sont plus indépendants à l’égard du gouvernement que certains hauts magistrats.

Les ONG et l’Open Society de G. Soros :

Entre 2009 et 2019, sept ONG (le réseau des comités et fondations Helsinki, la Commission internationale des juristes, Amnesty International et Human Rights Watch) liées à la fameuse Open Society ont infiltré la Cour Européenne de leurs collaborateurs pour qu’ils y deviennent juges permanents. Parmi les 100 juges ayant siégé au cours de cette période, 22 ont un lien direct avec l’une de ces ONG, soit comme dirigeant, comme bénéficiaire de leurs financements ou comme participant notable et régulier à leurs activités. Pour des raisons méthodologiques, ne sont prend en compte que les juges dont le lien avec l’une de ces sept ONG est indirect.

L’indépendance de ces organisations non gouvernementales vis-à-vis de l’OSF n’est le plus souvent que factice, tant l’OPA menée par ce dernier depuis plus de trente ans sur le monde des ONG fut efficace : toutes sont financées, parfois très largement, par l’organisation dans laquelle George Soros a investi 32 milliards de dollars depuis 1984.

Est-ce que Human Rights Watch peut être indépendant face à un sponsor qui lui a versé 100 millions de dollars américains depuis 2010 ? Et les Comités Helsinki, dont 40% du budget en 2017 était issu des ressources du milliardaire et de sa fondation ?

Le Letton Nils Muiznieks (directeur des programmes de l’Open Society dans son pays avant d’accéder au poste de commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe) expliquait dans l’Open Society News en 2009 que l’OSF œuvre à l’avènement d’un « nouvel homme de la société ouverte ». Cette prise de pouvoir, sous couvert de défense des droits de l’homme, des libertés individuelles, de la démocratie ou de la lutte contre le réchauffement climatique, est pernicieuse et au final veut la disparition des frontières et des états en tant que tels, l’apologie de l’immigration, la promotion de l’euthanasie et de l’avortement ou la dépénalisation de la drogue.

Juges nationaux contre juges de la CEDH :

George Soros consacre plus de 90 millions de dollars par année à l’Europe alors que le budget de la CEDH est de 70 millions d’euros. Le milliardaire sait très bien investir son argent : ses fondations sont devenues des acteurs incontournables pour toute personne engagée au plan social et médiatique, particulièrement en Albanie, Bulgarie, Lettonie, Bosnie-Herzégovine ou Roumanie. Et là se trouve la puissance de George Soros : les juges nationaux sont là pour dire la loi – c’est l’étymologie de juridiction -, et le droit au niveau national comporte des milliers de textes. A l’inverse, la Convention européenne des droits de l’homme et ses protocoles sont si brefs – une vingtaine d’articles seulement garantissent les droits et libertés – que le pouvoir d’appréciation des juges strasbourgeois est immense. Il l’est d’autant plus que la Convention est considérée par la CEDH comme un « instrument vivant à interpréter […] à la lumière des conditions de vie actuelles ». Dans ce contexte, « l’influence de la tournure d’esprit du juge, de ses idées et de sa formation, est considérable, explique Puppinck. Les droits de l’homme sont une discipline par nature fortement idéologique : on peut faire dire à la Convention une chose et son contraire. Si un juge estime que la légalisation de la GPA s’impose au nom de la liberté, ou si, au contraire, il la condamne au nom de la dignité, il pourra faire dire les deux au même texte ».

Abréviations :

OSF : Open Society Foundations

ONG : organisations non gouvernementales

CEDH : Cour Européenne des Droits de l’Homme

ECLJ : European Centre for Law and Justice (Centre européens pour la loi et la justice)

APCE : Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

OPA : Offre Publique d’Achat

GPA : gestation pour autrui

Cet article, paru dans le numéro 59 est particulièrement long et le sujet très complexe. Comme nous manquons de place pour la suite, celle-ci paraitra dans le prochain numéro, en août 2020.

Zorette