Mais qui sont les Rohingas ?

 

Cela fait déjà bien quelques semaines que l’on entend parler des réfugiés Rohingyas. Je n’ai pas vraiment confiance aux médias suisses, qu’ils soient écris ou visuels, ayant tous une même vision.

Comme dans beaucoup de conflits, il est primordial de se renseigner auprès de différentes sources.

Depuis quelques années, l’État de Rakhine dans l’ouest du Myanmar est le théâtre de violences répétées entre la majorité bouddhiste et la minorité musulmane Rohingya.  Les rapports sur la crise des Rohingyas sont un mélange de vérité, de mensonges et surtout de lourde propagande.

Dans cet état, les Rohingyas musulmans et les Rakhines bouddhistes se violent, se tuent et se pillent depuis les deux derniers mois. La communauté en ligne abonde en nouvelles sur la violence qui se déroule là-bas.

Pourquoi l’armée de Myanmar, pays dirigée par la prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, a soudainement commencé à se pencher sur les Rohingyas ? Il existe un groupe islamiste violent appelé « Arakan Rohingya Salvation Army « (ARSA) qui oblige tous les hommes Rohingyas – même les très jeunes garçons – à attaquer les bouddhistes Rakhine et d’autres civils et à provoquer des actes de violence contre l’armée du Myanmar. Ce groupe reçoit son financement et ses armes de pays islamiques comme le Pakistan et la Malaisie et sa formation d’Al-Qaïda et des Talibans en Afghanistan. L’ARSA est classée organisation terroriste par le gouvernement de Myanmar.

Plus de 100’000 personnes rohingyas ont fui leurs maisons depuis le 25 août. Ils essaient d’échapper à la violence, suite à une contre-offensive militaire contre les membres rohingyas de l’ARSA  qui avaient attaqué des postes de police.

Mais ces Rohingyas ne fuient pas uniquement la violence des forces de sécurité birmane, ils fuient aussi leurs propres militants radicaux armés de l’ARSA. Evidemment, la communauté internationale ne prend pas en considération les faits avant de lancer des accusations.

L’ARSA opère dans l’État de Rakhine où les Rohingyas ont été victimes de persécutions. Le gouvernement du Myanmar leur a refusé la citoyenneté et les considère comme des immigrants clandestins venus du Bangladesh.

Les affrontements éclatent périodiquement entre les groupes ethniques, mais au cours de la dernière année, une insurrection rohingya armée a augmenté en puissance. L’ARSA, a tué plus de 20 policiers et membres des forces de sécurité.

Selon le gouvernement du Myanmar et l’International Crisis Group (ICG), les dirigeants se sont entraînés à l’étranger, l’ICG a publié un rapport en 2016 affirmant que le groupe était dirigé par des Rohingyas vivant en Arabie Saoudite et que le leader d’ARSA est Ata Ullah, né au Pakistan et élevé en Arabie Saoudite.

Evidemment, on n’entend pas les personnes qui dénoncent les massacres envers les  Rohingyas dénoncer les violations des droits de l’homme commises par l’ARSA contre les civils rakhines et contre les Rohingyas  contraints de commettre des actes terroristes. Depuis octobre 2016, l’ARSA mène régulièrement des attaques contre les autorités du Myanmar. De nombreux Rohingyas déplorent les actions de l’ARSA étant les premières victimes des violences.

Le terme Rohingya est dérivé du mot arabe «Raham» signifiant «miséricorde». Arakan (ancien nom de l’état de Rakhine) était une terre fertile, état dont la famille régnante était bouddhiste mais utilisa dans le passé (jusqu’en 1635) un nom de règne musulman, annexée par les Birmans en 1785, puis conquise par les Britanniques lors de la première Guerre anglo-birmane en 1824. Les Rohingyas serviront de supplétifs dans l’armée britannique lors des guerres anglo-birmanes, de même qu’ils se positionneront côté britannique en 1948, générant ainsi des rancœurs tenaces de la part des autres ethnies birmanes aspirant à l’indépendance.

Les Britanniques ont encouragé des habitants de l’État du Bengale à s’installer à Arakan. Ce que de très nombreux musulmans ont fait pendant cette période. Ils travaillaient dans des rizières et étaient une unité importante de la croissance de l’économie britannique. La Birmanie (sous le nom d’Union de Birmanie) est devenue un État indépendant en 1948 La majorité des personnes vivant en Birmanie sont des bouddhistes. Même si les bouddhistes et de nombreux musulmans se sont battus ensemble pour l’indépendance du Myanmar, un groupe de musulmans (Rohingyas) a commencé à demander une nation distincte pour eux-mêmes juste après l’indépendance. Un parti Mujahid a même été créé par les anciens Rohingya en 1947. Ils ont soutenu le Jihad pour la création d’un nouvel état à Arakan. Le parti Mujahid était très actif jusqu’en 1962, après le coup d’Etat lorsque le général Ne Win est arrivé au pouvoir. Le mouvement Rohingya pour l’autonomie a été énergiquement supprimé. Des milliers de Rohingyas ont été persécutés durant deux décennies.

Des attaques/représailles ont commencé depuis mai 2017 entre les musulmans Rohingyas et les bouddhistes Rakhines. Selon les chiffres du gouvernement, environ 80 personnes ont été tuées dans les émeutes. Environ 90 000 personnes ont du fuir sont devenues sans-abri.

D’après de nombreux musulmans à la télévision et  sur Internet, des milliers de musulmans ont été tués au Myanmar. Il n’existe aucune preuve. D’après le gouvernement du Myanmar, les ONG indépendantes, mais aussi les organisations internationales de défense des droits de l’homme il y aurait environ une centaine de personnes (y compris des bouddhistes) tuées dans les violences.

En moins d’une semaine, la crise Rohingya a reçu 10 fois plus de couverture médiatique que l’a été les massacres de chrétiens et Yazidis en un an au Moyen-Orient.

L’armée birmane est accusée d’incendier les villages et de tirer sur des civils musulmans rohingyas dans le cadre d’une répression contre les insurgés dans l’État de Rakhine.

Les membres de l’ARSA sont accusés par l’armée birmane de mener des opérations en se servant de la population civile comme bouclier humain.

Les réseaux sociaux et les blogs répandent des images des massacres de Rohingyas, c’est la propagande de la violence: la plupart de ces images sont des mensonges. Ces fausses images de violences horribles sur les musulmans se propagent pour induire une haine répandue dans l’esprit des musulmans dans différents pays. Elles sont évidemment utilisées comme outil par des groupes politiques terroristes et islamistes pour recruter à ces fins.

Zorette