Ils sont fous ! :

Le CHUV a inauguré un nouveau centre thérapeutique à Montagny s/Yverdon. Je vous laisse découvrir un extrait de la plaquette :

« La couleur qui parle aux émotions, c’est la touche de magie indissociable de La Brine. Une alchimie qui a permis de faire s’asseoir autour d’une table futurs utilisateurs, promoteurs, architectes, ingénieurs et constructeurs métalliques pour servir un projet thérapeutique à multiples facettes, un centre ambulatoire où cohabitent différentes activités de psychiatrie et d’enseignement spécialisé.

Le résultat dépasse les attentes de l’ensemble des protagonistes, tant son identité s’est imposée comme une évidence : les quatre corps de bâtiment, qui forment La Brine, s’insèrent dans l’environnement, avec cette double force de préserver l’intimité de ses usagers et d’imposer son élégante présence par le jeu de reflets de ses milliers d’éléments de façade en inox anodisé.

Couleurs toujours, dans le partenariat public-privé scellé par les différents acteurs pour permettre à La Brine de voir le jour, dans les meilleurs délais : les intérêts de chacun sont apparus comme autant de pigments composant la palette d’une œuvre utile à la collectivité. Les investisseurs privés n’ont pas eu froid aux yeux, les responsables de la réalisation non plus. Quant aux représentants du CHUV, ils ont été les garants de l’exemplarité de l’état en matière de construction durable (bilan énergétique neutre) et financé des aménagements intérieurs en parfaite adéquation avec le programme des activités thérapeutiques.

Couleurs enfin, grâce à la vision initiale de l’architecte que le projet n’a jamais trahi. La Brine, il en a croqué une silhouette longiligne et ondulante, toute en hauteur. puis il est venu l’animer avec quatre couleurs primaires, pour en atténuer son caractère complexe. C’est cette maquette de carton, encore posée sur le bureau des promoteurs, qui a fait rêver des mois durant ceux dont la délicate mission a été de la traduire à l’échelle du terrain. Les 40’000 écailles d’inox défiant le soleil et les audaces de la conception intérieure (une passerelle qui réinterprète les normes sécuritaires, notamment) prouvent que la sensibilité peut aussi s’harmoniser avec les contraintes architecturales et techniques les plus ardues. »

Très poétique, mais, si loin de la réalité … ce centre « La Brine » très tape-à-l’œil, malgré son surnom de « caméléon », voir même laid, d’après les avis de beaucoup de personnes, insensibles à son charme a quand même coûté plus de 19 millions, pour une surface utile de 3’000 m2 d’après la même plaquette.

Gageons que les frais vont augmenter, vu les pertes des « écailles » colorées que ce bâtiment a déjà vu s’envoler lors de l’ouragan de janvier. Encore dernièrement, il manquait quelques « écailles ». A ce train-là, on se moque de nous,  l’argent est vraiment jeté par la fenêtre, pourquoi un bâtiment si luxueux ?

Du coup, la réalité est nettement moins romantique.

T.M