Le projet Sésame :

Vous connaissez tous Ali Baba et les 40 voleurs, avec le fameux mot de passe : « Sésame ouvre-toi». Nous n’allons pas faire de lien entre les 40 voleurs … et le projet  lancé en 2016 par la Croix-Rouge suisse (CRS) en partenariat avec le Secrétariat d’Etat aux migrations. Le SEM assume la moitié des coûts induits par les offres et recherches additionnelles

Ce projet veut préparer les réfugiés reconnus et les personnes admises à titre provisoire à la formation d’auxiliaire de santé afin de faciliter leur insertion sur le marché du travail. En effet, d’après l’Office fédéral de la statistique 85,8% des réfugiés ont bénéficié de l’aide sociale en 2016, ce qui représente 7% des bénéficiaires totaux. Et le phénomène prend de l’ampleur: le taux d’aide sociale dans le domaine des réfugiés a pris l’ascenseur dans vingt cantons, selon l’OFS.

Le Tages-Anzeiger a publié un article fin décembre en suivant  Saikou Camara, un réfugié de Gambie de 29 ans, arrivé en Suisse il y a six ans. Il travaille dans un home pour personnes âgées de Köniz, près de Berne. Car le canton de Berne est pionnier en la matière. C’est là que la Croix-Rouge Suisse développe son programme spécial de formation pour les réfugiés. D’après le site de la Croix-Rouge Suisse «SESAME» compte 360 bénéficiaires, dont 144 réfugiés reconnus et 62 personnes admises à titre provisoire.

Saikou Camara a effectué avec 11 autres participants un stage de 4 mois en économie domestique dans un EMS, tout en suivant parallèlement des cours d’allemand intensifs. Ses activités principales sont le nettoyage et les travaux domestiques. But : que chacun puisse apprendre suffisamment la langue et s’habituer à l’environnement infirmier. Cette combinaison est la clé du succès du projet, explique Barbara Zahrli, responsable de l’éducation à la Croix-Rouge du canton de Berne.

Seuls ceux qui ont réussi à améliorer leur niveau de langue de A2 à B1 peuvent ensuite commencer leur formation d’auxiliaire de santé pour aider et motiver les pensionnaires du home dans leurs activités quotidiennes. Un stage qui dure cette fois 6 mois et comprend les soins personnels, la prise des repas, l’entraînement physique, et les conversations avec les résidents âgés. Après cela, il va être difficile de leur demander de retourner aider à la reconstruction de leur pays…

La formation est aussi accessible à tout un chacun, sous certaines conditions, bien sûr. En fonction des associations cantonales, le prix de la formation oscille entre 2’000 et 3’000 CHF, pour une durée de 120 h. Si ce coût est plus faible que celui d’autres formations continues pour adultes de même durée, c’est grâce à la subvention de la Confédération. Les personnes qui rencontrent malgré tout des difficultés pour payer ces frais reçoivent une liste des fonds auprès desquels elles peuvent demander un soutien.

Moi qui croyais naïvement que la Croix-Rouge était une organisation humanitaire qui œuvrait dans les pays en conflit. Comme beaucoup d’ONG, c’est devenu un vrai business.

La Croïette