Référendum sur le mariage pour tous (MPT), faire l’impasse !

Pour des textes fondamentaux de portée internationale : Déclaration universelle des droits de l’homme, une parenthèse (1948), Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales (1950), textes non encore corrigés par des effets de mode, le mariage est toujours le fait d’un homme et d’une femme ! Il en va ainsi de la Constitution fédérale, qui l’affirme implicitement, à l’évidence. Autre évidence, naturelle, il n’y a pas d’égalité réelle entre un mariage hétérosexuel et un mariage homosexuel. Et donc pas de possibilité de statut juridique équivalent.

Les opportunistes et les réformistes ne pouvant attendre, la classe politique suisse, labile, – travaillée au corps par un lobby sur-financé et puissant, fort de son succès l’an passé dans la domaine de la restriction de la liberté d’expression – a choisi la voie de la facilité, celle de la loi, qu’un référendum attaque maintenant de manière justifiée.

A l’origine du MPT , une « officine genevoise » constituée de socialistes et de verts. Des gens qui se disent progressistes, mais qu’on peut suspecter d’accompagner utilement relativisme et déclin moral dans notre destin national.

En effet, il ne s’agit plus de la protection d’une minorité éventuellement discriminée ou d’améliorer encore le partenariat enregistré, mais de propositions incongrues, extravagantes, débouchant sur une sorte de désarmement moral, de désenchantement social, rendant l’avenir plus préoccupant encore.

La réforme, qui acte notamment dans la loi la procréation médicale assistée ( PMA),     fait un peu penser à un mauvais numéro de science-fiction, bouleverse les données traditionnelles dans les domaines de la conception et du droit, des relations de couple, des liens filiaux, du sort de la famille et des enfants. Différents scénarios sont possibles. Ici de manière non exhaustive, deux éléments seulement : l’enfant doit donc avoir deux mères et peut ne jamais rencontrer son père biologique, qui n’est plus que « donneur de sperme », il n’y a plus là de paternité juridique. Cela atteste d’une forte tendance à la féminisation de la société. Cette évolution, comme on le comprend maintenant, peut présenter des ferments de déclin sociétal.

On rappellera qu’il y a peu un congé paternité a été octroyé avec des arguments diamétralement opposés ! l ’importance du père ne serait-elle qu’une variable d’ajustement, circonstanciel ?

Quant aux couples d’hommes, ils seraient discriminés à ce stade ne pouvant, eux, recourir à la gestion pour autrui (GPA)… Tout le reste est à l’avenant !

Il est probable que l’opinion sous-estime cette révolution, la prenant pour une réforme sans conséquences, qui ne la concernerait pas, ce en quoi se tromperait lourdement. Au coût social s’ajoutera le coût financier, évidemment non chiffré.

Le bien-être d’une minorité « progressiste », avançant généralement des arguments discutables (ouverture d’esprit, liberté individuelle, droit à l’enfant, rétablir une égalité, faire comme les autres ) ne devrait pas avoir pour effet de léser les intérêts fondamentaux d’une collectivité entière !

Mais dans le pays et pour ce genre de questions, face aux minorités actives, le jugement de la majorité silencieuse n’a-t-il pas pris l’habitude de s’effondrer ? A sa décharge, il n’est guère aidé par les démissions de la classe politique, souvent ambiguë, voire pleutre sur ces questions.

Alors, le mariage pour tous, un progrès social ou l’impasse d’un déclin sociétal ? Chacun y répondra selon ses convictions, capacités et intérêts. Point pour notre part, nous  opposerons ainsi un NON déterminé à ce bricolage légal inepte.