Initiative «Oui à l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine – Oui aux approches de recherche qui favorisent la sécurité et le progrès» :

La Constitution serait modifiée comme suit:

Art. 80, al. 2, let. b, 3 et 4

2 Elle [la Confédération] règle en particulier:

b. abrogée

3 L’expérimentation animale et l’expérimentation humaine sont interdites. L’expérimentation animale est considérée comme un mauvais traitement infligé aux animaux et peut être constitutive d’un crime. Ce qui précède s’applique de façon analogue à l’expérimentation animale et à l’expérimentation humaine, de même que les dispositions suivantes:

a. une première utilisation n’est admise que si elle est dans l’intérêt global et prépondérant du sujet (animal ou humain) concerné; elle doit en outre être prometteuse et être effectuée de manière contrôlée et prudente;

b. à compter de l’entrée en vigueur de l’interdiction de l’expérimentation animale, le commerce, l’importation et l’exportation de produits de toute branche et de toute nature sont interdits si ces produits continuent de faire l’objet directement ou indirectement d’expérimentation animale; l’interdiction ne s’applique pas aux produits déjà existants qui ne font plus l’objet d’aucune expérimentation animale, directement ou indirectement;

c. la sécurité pour l’être humain, les animaux et l’environnement doit être assurée en tout temps; à cet égard, la mise sur le marché ainsi que la diffusion et la dissémination dans l’environnement de nouveaux développements ou de nouvelles importations pour lesquels il n’existe pas de procédure sans expérimentation animale officiellement reconnue, sont interdites;

d. les approches substitutives sans expérimentation animale doivent bénéficier d’aides publiques au moins équivalentes à celles dont bénéficiait précédemment l’expérimentation animale.

4 L’exécution des dispositions fédérales incombe aux cantons dans la mesure où elle n’est pas réservée à la Confédération par la loi.

Art. 118b, al. 2, let. c, et 3

2 Elle [la Confédération] respecte les principes suivants en matière de recherche en biologie et en médecine impliquant des personnes:

c. abrogée

3 Les projets de recherche doivent satisfaire aux exigences fixées à l’art. 80, al. 3, let. a.

Art. 197, ch. 122
12. Disposition transitoire ad art. 80, al. 2, let. b, 3 et 4, et 118b, al. 2, let. c, et 3 (Interdiction de l’expérimentation animale et de l’expérimentation humaine)

Cette initiative a été déposée le 18 mars 2019 munie de 123’640 signatures valables, il en fallait 100’000 .

Le but de celle-ci est d’inscrire dans la Constitution suisse de nouvelles dispositions à l’article 80 (Protection des animaux) et à en supprimer une autre à l’article 118b (Recherche sur l’être humain).

L’initiative demande l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine. Des dérogations sont possibles si elles sont dans l’intérêt global et prépondérant du sujet (animal ou humain) concerné. Elle demande en outre que l’importation et l’exportation de produits soient interdites si ces produits continuent de faire l’objet directement ou indirectement d’expérimentation animale. L’interdiction ne s’applique pas aux produits déjà existants qui ne font plus l’objet d’aucune expérimentation animale . En outre elle exige, et c’est là une nouveauté intéressante  et importante pour la recherche, que les approches substitutives sans expérimentation animale doivent bénéficier d’aides publiques au moins équivalentes à celles dont bénéficiait précédemment l’expérimentation animale.

Le Conseil fédéral est  opposé à l’initiative, estimant que « l’être humain et l’animal sont assez protégés dans la recherche » et considère qu’il  encourage suffisamment les alternatives à l’expérimentation animale,  en collaborant avec les hautes écoles et l’industrie pharmaceutique pour créer un centre de compétences qui vise à renforcer les principes 3R (Réduction, Remplacement et Raffinement des expériences). Ceux-ci ont théoriquement « pour objectifs de promouvoir les méthodes de substitution à l’expérimentation animale, réduire le nombre d’expériences et limiter les contraintes imposées aux animaux ».

Durant presque 30 ans, le Conseil fédéral a soutenu le fonctionnement de la Fondation recherche 3R, qui, à part  de décourager les chercheurs à se lancer dans une carrière sans expérimentation animale, n’a pas fait grand-chose d’autre. Face aux critiques toujours plus récurrentes qui dénonçaient le fonctionnement de cette fondation, le Conseil fédéral l’a dissoute  en 2018, pour créer la même année sont Centre de compétence 3R. Parasité par des chercheurs pro expérimentation animale ou d’autres qui manquent de courage ou d’éthique, ce centre brille par sa mollesse et son inactivité. Son premier rapport sur son appel à soumission de projets est édifiant. Sur les 54 projets reçus, il n’en a sélectionné que 6, pour un montant de 1,2 millions ; alors que dans le même temps, 80 millions issus des fonds publics sont alloués uniquement pour l’entretien et le fonctionnement des animaleries pour l’expérimentation animale.

On peut citer le projet de Philippe Bugnon de l’université de Zurich, qui projette de développer un logiciel permettant aux chercheurs d’optimiser leurs stratégies d’élevage pour réduire les « potentiels excédents d’animaux », celui de Petra Seebeck, de l’université de Zurich, et de Stephan Zeiter du AO Research Institute Davos, qui prévoient de développer des directives visant à établir des « critères minimums pour la chirurgie sur les rongeurs ». Cela frise le ridicule !

L’initiative veut une véritable aide à l’innovation dans le domaine de la santé.

Les médias, et surtout les « chercheurs » parlent de l’expérimentation animale comme étant une obligation pour le bien-être humain, pourquoi ? En réalité, la loi suisse oblige les fabricants à tester tous les nouveaux produits avant de les mettre sur le marché et oblige ainsi qu’ils soient expérimentés sur les animaux de laboratoire. Même les tests les plus douloureux sont effectués sans anesthésie. L’article 16, alinéa 2, de la loi sur la Protection des animaux (LPDAn), permet d’effectuer des expériences sans anesthésie si le but de l’expérience le nécessite. Ce qui veut dire, donner carte blanche aux vivisecteurs. Certaines expériences sont très cruelles (par exemple celles qui concernent les réactions des régions cérébrales et nerveuses) et exigent que l’animal soit complètement éveillé.

Sachant qu’un nombre similaire d’animaux a été utilisé en 2013, ce chiffre, est révélateur d’une inertie scientifique injustifiable en Suisse. Un détail précis : en 2020, 1’328 animaux de laboratoire ont été utilisés pour des expériences liées au COVID, notamment pour les vaccins, l’immunologie et la transmissibilité du COVID, alors que nous savons que le COVID n’est pas dangereux pour les animaux et que ceux-ci ne le transmettent pas aux humains ! 

Savez-vous qu’en 2020, selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) 556’000 animaux ont été utilisés à des fins expérimentales en Suisse l’année dernière ? selon la statistique établie par l’OSAV, ce n’est que 2,8 % de moins qu’en 2019, l’une des raisons étant la pandémie de COVID-19.

L’OSAV déclare que « les expériences de stress sévère sur les animaux ont néanmoins augmenté« . Si le nombre global est constant, la souffrance dans les laboratoires suisses augmente : depuis 2012, le nombre d’expériences les plus cruelles a augmenté de 68% ! Précisons que les laboratoires n’ont aucune obligation légale de donner un chiffre pour les expériences non sujettes à autorisation (celles considérées comme «non douloureuses») Et ce, dans un pays qui se vante d’avoir l’une des lois les plus strictes au monde en matière d’expérimentation animale ! En luttant contre ces expérimentations animales et humaines, ce sont des sociétés chimico-pharmaceutiques, des instituts de recherche, des universités, des hôpitaux, des organismes pour la recherche dans les domaines de l’espace et le militaire que nous touchons, et ces entreprises ne sont pas prêtes et n’ont aucun intérêt à vouloir abandonner ces essais. Certaines multinationales de produits pharmaceutiques ont leurs laboratoires privés, mais les universités pratiquent de la recherche et de la vivisection dans un « but didactique ».

L’initiative contribuerait à une réelle innovation dans le domaine de la santé publique grâce aux développements de nouvelles méthodes de recherche éthiques et efficaces.

Comme toujours, en cas d’acceptation de l’initiative, ce sera au Parlement d’édicter une loi d’application, sur le fond, c’est le principe même de l’initiative qu’il faut soutenir. Soit le besoin de s’orienter vers une recherche éthique, prédictive et sûre pour la santé publique.

Le but principal de l’initiative est l’interdiction de l’expérimentation animale. Il y a suffisamment d’exemples qui démontrent que la recherche sur les animaux n’est pas seulement une pratique cruelle, mais aussi un moyen de recherche qui freine l’innovation. Dans le domaine de la toxicologie, les modèles animaux ne sont pas capables de prédire dans un cas sur deux la toxicité d’une nouvelle molécule pour l’humain. Dans le domaine de la recherche appliquée, après avoir été développés sur des animaux, 9 médicaments sur 10 devront être abandonnés une fois testés sur des êtres humains. Dans le domaine de la recherche fondamentale, le gâchis de vies et d’argent est simplement incalculable. Combien d’études inutiles menées sur des animaux ? Combien de molécules qui auraient pu être prometteuses chez l’homme ont été abandonnées uniquement parce que les résultats préalablement obtenus sur des animaux étaient médiocres ?

Les expériences sur les animaux ne servent même pas à donner une indication de base, avant que les substances ne parviennent à l’être humain: Je souhaite vous donner des exemples concrets :

la strychnine est un poison violent pour l’homme et les chiens, pourtant elle est totalement inoffensive pour les cobayes, les singes et les volailles.

 L’amanite phalloïde est vénéneuse pour l’homme, mais inoffensive pour le lapin.

La morphine est tranquillisante pour l’homme, mais excitante pour les chevaux (les substances utilisées pour le dopage des chevaux de course sont à base de morphine), elle provoque des convulsions chez les rats.

Les amandes sont inoffensives pour l’homme, mais vénéneuses pour les renards et la volaille.

La digitale est utilisée en traitement pour les maladies cardiaques chez l’homme, mais provoque une hypertension grave et mortelle chez le chien.

La thalidomide est tératogène chez l’homme (susceptible de provoquer des malformations chez les enfants exposés in utero), mais inoffensive pour les rats et souris.

L’arsenic est mortel pour l’homme, mais inoffensif pour les moutons.

Finalement, la ciguë, mortelle pour l’être humain, est inoffensive pour les chèvres, moutons et chevaux.

Nous sommes bien conscients que cette initiative ne sera pas acceptée en votation, car tous les partis politiques y sont opposés, face à La Ligue Suisse contre l’expérimentation animale et pour les droits des animaux (LSCV) ; malgré tout, il nous paraît important de lancer un message clair pour une recherche sur la santé plus progressiste et sans expérience animale : c’est pour ces raisons que nous vous conseillons de voter OUI à l’initiative «Oui à l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine – Oui aux approches de recherche qui favorisent la sécurité et le progrès».